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Maternité & post-partum

Il paraît que devenir mère nous change

On ne naît pas parents, on le devient, et la science le confirme

24 novembre 2022 4 min de lecture
Une jeune mère tenant son nouveau-né contre elle

On ne naît pas parents, on le devient. Cette nouvelle aventure est un véritable processus de transformation. Après l'accouchement, on ne peut plus penser qu'à soi : un petit être a débarqué, et il est complètement dépendant de nous.

Qu'est-ce que ça change ? Beaucoup de domaines, tous, en fait. Au fond de vous, vous restez vous-même, et certaines choses resteront tout aussi importantes. Mais d'autres domaines, physiques comme émotionnels, ne seront plus jamais les mêmes. S'occuper d'un bébé et être mère, ça bouge des choses. Et nombre d'entre elles ont été étudiées et confirmées par la science.

Nos cellules changent

Porter un bébé laisse une trace importante en nous. En 2015, une étude réalisée aux Pays-Bas a révélé que des cellules fœtales pénètrent et se répandent dans le corps d'une femme enceinte. Cela se confirme par la présence de chromosomes Y dans l'ADN de femmes ayant porté des enfants de sexe masculin. Le phénomène, appelé « microchimérisme », se produit aussi avec les filles, mais il est quasiment impossible à détecter puisque toutes deux n'ont que des chromosomes X.

Le bébé nous laisse donc une marque, et ces cellules restent dans notre corps avec des bénéfices pour la maman : selon l'International Journal of Epidemiology, le taux de survie en cas de cancer et de maladie cardiovasculaire est amélioré chez les mères grâce à la présence de ces chromosomes masculins.

La composition de notre corps

Notre corps est évidemment modifié pendant la période post-partum. Une étude menée en 2011 par l'hôpital Guro de l'université de Corée révèle que l'eau corporelle et la masse sans graisse diminuent, tandis que la masse grasse et la surface de graisse viscérale augmentent pendant cette période postnatale.

L'allaitement

Les mamans qui allaitent connaissent d'autres changements physiques. Comme pendant la grossesse, le corps privilégie le bébé : le métabolisme est modifié par les hormones pour permettre l'allaitement. Pendant cette période, nos os perdent en minéraux, notamment en calcium. Pas de panique, ils se reminéralisent une fois le bébé sevré. La nature est bien faite, et il en va de même pour les reins, l'intestin, etc.

Et dans notre cerveau ?

Quand on devient mère, les effets émotionnels sont… au maximum. Un rapport publié par Scientific American en 2006 indique que, chez les mammifères femelles, les hormones entourant la grossesse et la lactation peuvent provoquer des changements structurels dans le cerveau et augmenter la taille des neurones.

D'autres recherches complémentaires montrent que les hormones associées à la grossesse et à l'expérience de la naissance développent notre capacité d'apprentissage et améliorent notre mémoire. Rien que ça.

Comment s'adapter dans tout cela ?

Une adaptation psychologique est nécessaire. Une femme enceinte surveille de plus près les menaces de son environnement : on devient plus sensible aux signaux du nourrisson, et un attachement se crée avant même la naissance. Notre cerveau nous montre les éléments auxquels être vigilante, il nous prépare à cette nouvelle aventure et renforce notre capacité à nous adapter aux changements de la vie.

La nature est assez bien faite, finalement…

Sources
  • Étude néerlandaise sur le microchimérisme fœto-maternel, 2015.
  • International Journal of Epidemiology, microchimérisme et survie maternelle.
  • Hôpital Guro, Université de Corée, composition corporelle en post-partum, 2011.
  • Scientific American, changements cérébraux liés à la grossesse et à la lactation, 2006.
  • Article original publié sur le blog Lab'elle & kids, novembre 2022